
En moyenne Provence, des plantations de noyer ont été véritablement envahies cet été par des petits escargots blancs. Il s’agit de Xeropicta derbentina, appelé couramment le limaçon qui arrive à provoquer des nécroses sur les bourgeons quand il est en grand nombre.
Rapidement, les feuilles et les tiges deviennent noires et meurent. Il s’en suit un retard de croissance et un affaiblissement des sujets.
Le limaçon est un escargot des steppes et des milieux semi-désertiques, son aire de répartition d'origine allait du Caucase à la Croatie en passant par la Grèce, la Bulgarie et la Roumanie. Il s'est déplacé progressivement vers l'ouest de l'Europe au cours du 20e siècle pour être découvert pour la première fois en Provence en juin 1949 au Tholonet près d'Aix-en-Provence. Selon une thèse soutenue en septembre 2001 par une étudiante de l'université d'Aix-Marseille 3, les populations de derbentina se sont multipliées dans les Alpes-de-Haute-Provence à partir des années 70 avec une augmentation marquée ces quinze dernières années.
La base de l’arbre est exempte de limaçons car elle subit la chaleur du sol qu’ils cherchent à fuir. Ils sont concentrés dans le haut du tronc et dans les branches.
Quelles solutions ?
La connaissance de la biologie de l’animal est fondamentale, sous peine d’échouer dans la lutte contre son envahissement. Ces hordes de limaçons ne vont pas à l’attaque des noyers pour se nourrir mais parce qu’ils fuient. "Les escargots fuient le sol et la terre trop chaude à la fin de l'été pour chercher un peu d'humidité nocturne sur les tiges des végétaux ou d'autres supports". indique Daniel Pavon, le président de la société linéenne de Provence.
Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, les dégâts occasionnés aux plantes et aux cultures sont faibles pour la bonne et simple raison que cet escargot ne consomme que très peu de végétation fraîche. "Les seuls dommages que nous avons pu observer sont liés à l'abondance même des escargots en phase d'estivation sur la végétation. Ils bloquent le développement des bourgeons qui peuvent être plus ou moins nécrosés. Ce phénomène touche en particulier les vergers, les truffières et les vignes bordés par des champs en friche. En revanche, les conséquences peuvent être plus préoccupantes pour les troupeaux d'ovins. L'escargot transmet des parasites des poumons des petits ruminants. Lorsque l'infestation est forte, l'impact sur la production ovine n'est pas négligeable avec une diminution du taux de survie des agneaux et une surmortalité des brebis". poursuit Daniel Pavon
Ils font plier les branches sous leur poids, ils étouffent les bourgeons et les privent de lumière ce qui entraine leur mort
Des obstacles physiques
Aussi, pour s’en prémunir, il est préférable d’éviter les répulsifs aux effets non maîtrisables et recourir aux obstacles physiques avec deux stratégies ; l’une pour les empêcher de monter sur les arbres à protéger, l’autre en leur offrant des dérivatifs dans leur fuite.
L’épandage de cendre ou de sciures les enlisent, mais les limaçons sont si nombreux qu’ils passent dessus les premiers qui ont été piégés. Seraient à tester : la barbe d'orge ou de blé, le savon de Marseille, des collerettes mises autour des troncs à base de cuivre, d'étain ou d'aluminium.
Il serait bon de les envoyer coloniser des manchons disposés autour des arbres qui auraient alors plusieurs fonctions : création d’un ambiance plus fraiche au niveau du tronc, protection contre le gibier et … les limaçons.
Communiquez vos résultats
Pour dériver le flux de limaçons, on pourrait aussi essayer la pose d'un filet avec quelques tuteurs autour du plant de noyer. Les limaçons pourraient s’y réfugier en soulageant l’arbre. Celui-ci serait alors doté d’un manchon de protection renforcé !!!
Merci aux propriétaires prêts à tester ces solutions de nous faire part des résultats même négatifs. Les populations de limaçons étant en progression constante, le phénomène a toute chance de se reproduire dans les années à venir.